01 février 2011

Celui de Camille...

... deux princesses amoureuses, un château fort et un dragon.
J'avais le choix avec deux princes amoureux, ce qui me bottait plus  et j'étais parti sur l'idée d'un prince que l'on élève ( par désespoir après 17 autres garçons) pour être un Beau au Bois Dormant (Facile: on lui apprend à se priver de sommeil plusieurs jours puis à dormir plusieurs jours en augmentant toujours les durées).
Problème: arrivée là je n'arrivais pas à trouver comment le faire sauver par un autre prince et qu'ils tombent amoureux. Moi et l'amour, on est pas compatibles décidément.

Donc voilà... Et comme je n'ai plus qu'une proposition en stock (celle de Jasiek a propos de mon dernier post) j'attends désespérément les vôtres!


On m'a longtemps dit que toutes choses étaient fonction de l'économie: d'un marché à conquérir, d'une place à prendre, d'offres et de demandes. Je dois pourtant avouer que je n'y croyais pas vraiment jusqu'à ce que je me rende à l'évidence: partout, même au pays des contes de fées on retrouve ces éléments.

Là-bas chaque royaume doit se trouver une spécialité quitte à en créer une d'un nouveau genre. On a ainsi vu, récemment, une famille assez démunie: il n'y avait aucun dragon à proximité, pas de sorcières, pas de gardiennes d'oies, de marraines bonnes fées et même pas un pauvre objet magique dans tout ce royaume. Étant bien pauvres ils durent commencer par économiser, encore et encore, toutes les denrées et les biens. On alla jusqu'à apprendre aux princes et princesses à recycler les restes de repas... C'est dans cet idéal de ne rien laisser perdre qu'un jour une jeune princesse retourna tout le château à la recherche d'un pois qu'elle avait laissé rouler en écossant. Elle ne le retrouva que le soir, sous la pile de matelas qui lui servait de lit (le sommier avait depuis longtemps été revendu). Cette acharnement plu à un prince de passage et c'est depuis que ce royaume abrite des générations de couples, les princes avares venant y choisirent des femmes peut dépensières.

Chaque royaume se trouve ainsi une niche bien particulière de création de princesses, une à la fois. Que deviennent les autres princesses? Les contes regorgent de seconds rôles pour elles, des rôles trop importants pour les laisser à des jeunes filles sans instruction: sorcières et marraines, cuisinières et servantes complices... Les princes quand à eux sont envoyés sur les routes: on trouve des princes errants dans tous les contes et l'on en a jamais trop!

C'est dans ce monde que j'ai ainsi pris conscience que les lois du marché, sont décidément partout et que sans argent on ne fait rien. Ce qui l'a particulièrement mis en lumière est une histoire que m'a raconté un vieux roi sur sa jeunesse de prince errant.

A la naissance du pays des contes de fées, un royaume, petit alors, eut l'idée de sélectionner son prince parmi les plus courageux afin que le futur roi put se livrer à de nombreuses conquêtes. On eut alors l'idée d'enfermer la princesse au sommet d'un château abandonné et de cerner celui-ci de mille dangers afin que la tâche soit la plus ardue possible. En fait le roi et la reine tentèrent longtemps de faire venir un dragon: durant des années ils se livrèrent à des tractations pour en acheter un à leurs voisins et lorsqu'ils acquirent un il fallut encore laisser le temps à l'œuf d'éclore et au dragon de grandir. Il va de soi que, durant ce temps, la jeune princesse s'ennuyait ferme. Seule dans sa tour elle voyait à peine quelques amies qui vinrent lui rendre visite des royaumes voisins, de moins en moins nombreuses au fil de leurs mariages. Lorsque l'œuf arrivât enfin elle put au moins se distraire à élever le dragon.

Toutefois il parut vite clair que celui-ci avait fort mauvais caractère (les dragons étant plutôt réputés obéissant et fidèles aux rôles qu'on leur attribuait): il alla jusqu'à essayer d'enlever des princesses des pays voisins pour les cloîtrer à leur tour. Par chance il n'y parvint qu'une fois.

Voilà qui était parfait pour le roi et la reine, qui d'ailleurs se faisaient vieux: leur gendre serait forcément fort et brave pour réussir la tâche qui lui était assigné. Mais durant des années et des années le dragon remplit trop bien son rôle et les princes eurent beau y aller avec les meilleurs équipements, aucun ne parvint à libérer la princesse.

Le prince qui me racontait son histoire fut le dernier à tenter la chance. La princesse se faisait alors âgée et ses attraits particuliers ne suffisaient plus guère à lutter contre la terreur qu'inspirait le dragon.

La première chose notable qu'il remarqua en pénétrant dans le château fut l'absence, totale et absolue, de toue ce qui pouvait dénoter la présence d'un dragon. Des corbeaux étaient allés faire leurs nids sur les tours alors même que toutes les bêtes à plumes ont toujours fui les monstres à écailles. Redoublant de prudence devant la preuve d'un dragon fin stratège, le prince progressa prudemment jusqu'à la tour, à travers de sombres couloirs.

C'est au détour de l'un d'eux qu'une flamme d'une puissance effroyable naquit du néant pour lui lécher le visage. Il ne put éviter d'être carbonisé que par un réflexe de dernière minute consistant à l'application de la stratégie « fuite à toutes jambes ». Quelques minutes plus tard il réfléchissait plus calmement à l'évènement et s'étonnait de ne pas avoir vu le dragon producteur de cette flamme... Un dragon nain, semblait-il, pour pénétrer dans ces couloirs.

Il m'avoua qu'il avait fini, par déduction, par deviner de quelle sorte de dragon il s'agissait et par le capturer. Étonné je lui demandais alors pourquoi il ne l'avait pas tué, comme cela se faisait, avant de libérer la princesse. Il me déclara que les manuels qu'il avait lu n'avait jamais parlé de la situation fort incommode qui était la sienne; lorsque la princesse était elle-même le dragon.

Il avait en effet capturé la femme juste avant qu'elle ne tourne une nouvelle fois son lance-flammes vers lui. 

Il apprit par la suite que la princesse, durant les années où elle s'ennuyait dans sa tour, s'était particulièrement attachée à une des amies qui venait la voir. Leur amitié s'était mué en autre chose, tant et si bien qu'elles créèrent ensemble une nouvelle spécialité: les princesses destinées aux princesses. Seulement lorsqu'elles exposèrent leur idée aux rois et reines, ceux-ci rirent en leur faisant remarquer que même si, comme elles en avaient l'intention, elles se consacraient à la recherche et au savoir elle ne pourrait avoir de quoi vivre. Et surtout elles ne pourraient jamais engendrer d'autres princesses: l'idée était donc pour eux inacceptable.

Elles firent alors mûrirent leur concept. S'arrangeant pour être enfermées ensemble dans le château (les dragons sont aisément corruptibles pour peu qu'on ait suffisamment d'argent: l'enlèvement leur couta leurs économies), elles commencèrent tout d'abord par éliminer le dragon. Ayant ainsi le champ libre elles prirent sa place, brûlant tous les prétendants qui se présentaient, récupérant les armures damasquinés, les bijoux précieux et les épées de métaux rares jusqu'à accumuler un véritable trésor.

Celui-ci leur permit de se payer une retraite dorée dans le pays des légendes où elles purent fonder le clan des amazones qui se consacra à la guerre (ce qui est toujours mieux rétribué que la recherche).

En effet mon interlocuteur les avait laissé repartir. Lorsque je lui demandais pourquoi, il se contentât de me dire qu'il ne savait quoi faire d'autre, la situation n'étant inscrite dans aucun manuel.


Posté par Calimeriane à 17:09 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Celui de Camille...

    ...yep, pas de manuel recensant la moindre solution pour les princesses lesbiennes tueuses de chevaliers.

    Mais en tant qu'étudiant en économie, je peux te dire que la recherche, ça amène beaucoup de croissance dans les secteurs de l'industrie, même si c'est sur des questions de long terme et de manière indirecte. Or la guerre ne rapporte vraiment que si on la gagne, et elle ne "rapporte" que contre toutes les dépenses faites pour la gagner, dépenses qui doivent être assez grandes à priori. D'autant qu'il y a toujours perte d'hommes/femmes durant les guerres, limitant ainsi le renouvellement de la population et la croissance favorisée par l'emploi.
    Donc en tant que spécialité pour un état il vaut mieux travailler la recherche (d'ailleurs, un auteur qui l'illustre bien c'est Isaac Asimov dans Fondation: même s'il se fait envahir, l'état savant peut se changer en "état caché" qui, malgré sa domination apparente, est en fait le vrai maître).

    Oh, et regarde ta boîte mail, aussi.

    Posté par Luminox, 01 février 2011 à 23:14 | | Répondre
  • Auriane, tu es géniale!!! Merci, j'aime beaucoup mon conte! (enfin "mon", disons ma commande ^^). Tu avais anticipé les cours d'anthropo économique? En tout cas, bien écrit comme d'habitude, bien structuré et tout. Faut que j'en prenne de la graine...

    Et belle démonstration de Luminox.

    Posté par Camille, 04 février 2011 à 10:05 | | Répondre
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